Lundi 31 décembre 1979.

J'ai décidé de me faciliter la vie, d'aller uniquement au réveillon de Halston. J'ai fait des paquets-cadeaux pour Jade. J'y suis allé à 10 heures. Il y avait peu de monde, smoking. Bob Denison et Jane Holzer étaient là, j'imagine qu'ils se sont réconciliés. Nancy North et Bill Dugan. Victor a appelé de Californie pour dire qu'il s'amusait bien là-bas. Quand la nouvelle année est arrivée nous nous sommes embrassés, et nous avons dîné. Le Dr Giller était là. C'était vraiment sympa. Jade a adoré tous les cadeaux que je lui avais apportés. Steve Rubell était là. A 3 heures, Bianca voulait aller à la soirée de Woody Allen à Harkness House, sur la 75e. John Samuels avait une voiture, il s'est garé en double file.
La fête de Woody était parfaite, des gens célèbres au coude à coude, on aurait dû y aller plus tôt. Mia Farrow est vraiment charmante, elle est tellement belle ! Bobby De Niro était là, il est franchement gros. Vraiment gros. Je sais qu'il a grossi pour son film sur la boxe, ce serait drôle s'il n'arrivait jamais à reperdre ces kilos. Il est carrément laid. Il doit être fou, parce qu'il a vraiment grossi.
Mick est venu avec Jerry, Bianca a accouru, elle était délicieuse. Je ne sais pas comment elle a fait mais elle a encaissé, elle a cassé la glace, ils ont parlé pendant une demi-heure. Elle voulait énerver Jerry, elle a réussi. Mick a rasé sa barbe, il était vraiment bien.
Nous sommes allés au Studio 54, le décor c'était « tout en glace ». De la glace d'un d'un mur à l'autre, coulant le long des parois. Steve a dit : « Allons au sous-sol », ce que nous avons fait. Il a demandé « Quelqu'un veut de la cocaïne ? » Il souhaitait que ce soit comme au bon vieux temps. C'était très sale avec les poubelles et le reste. Winnie était la, sans Tom Sullivan — elle a dit qu'il était à Hawaï.
Duguay et l'autre joueur de hockey sont arrivés en haut, j'ai essayé de les présenter à Marina Schiano, mais ils ont répondu que leurs vraies fiancées étaient là, venues du Minnesota, ou d'Indianapolis, qu'ils ne pouvaient donc rien faire. A 6 heures, Marina et moi sommes partis, il y avait une bagarre dehors, les gens voulaient toujours entrer. Jack Hofsis qui a mis en scène Elephant Man est passé dans une limo et nous a pris. Il y avait a peu près vingt garçons à l'intérieur. Je suis descendu parce que je savais que si je restais, ils m'inviteraient à les accompagner, je voulais me mettre au travail.
Marina m'a invité à manger une pizza, j'y suis allé. J'entends toujours dire partout que les gens qui travaillent pour elle lui apportent des salamis de Brooklyn, des pizzas du Queens, des trucs comme ça et je voulais voir. C'était bon, une pizza bon marché, de la pâte, un peu de ketchup et un peu de fromage. J'ai remarqué qu'elle avait une pile de nourriture sur la cuisinière, elle a dit que c'était pour lui porter chance. On est censé l'empiler sur la cuisinière, pour la Nouvelle Année. Nous avons parlé, elle me posait des questions sur ma maison, je lui ai dit combien elle était chère à entretenir, elle a trouvé que je devenais « vrai » et qu'enfin elle obtenait quelque chose de moi. Cela voulait dire que nous étions amis, ou un truc approchant. J'attendais qu'il fasse jour dehors, ça ne venait pas. Il était 6 h 30, il faisait toujours nuit. Je croyais que le soleil se levait à 6 heures, j'imagine qu'en réalité l'année dernière quand je suis parti et qu'il faisait jour, il était 7 heures et non 6.

Mercredi 24 Novembre 1976. Vancouver - New-York

Vancouver. Levé à 7 heures ; Taxi pour l'aéroport ($15 plus $5 de pourboire, magazines : $5). C'est la fin du voyage à Seattle pour le vernissage au Seattle Art Museum ; de là, nous étions allé à Los Angeles au mariage de Marisa Berenson avec Jim Randall, puis à Vancouver pour mon vernissage à la Ace Gallery. Pourtant, personne n'achète de tableaux, ici, la peinture, ça ne les intéresse pas. Catherine Guiness s'est tenue tranquille jusqu'à l'avant-dernier jour : là, elle s'est mise à me bassiner comme savent le faire les Anglais, avec la même question : "Mais qu'est ce que c'est, au juste, que le pop-art ?" Comme la fois où nous avions interviewé ce chanteur de blues, Albert King, pour Interview, et qu'elle n'arrêtait pas de demander "Mais qu'est-ce que c'est, au juste, que la cuisine "soul" ?" Pendant les deux heures d'avion, elle m'a torturé (taxi depuis La Guardia : $13, pourboire : $7 - Catherine a joué les grands seigneurs et lui a dit de garder les 20 dollars). Déposé Fred. Rentré à la maison. Célébré Thanksgiving avec de l'avance : repas avec Jed. Il a fait réviser la voiture en prévision de notre voyage à Chadds Ford, demain matin, chez Phyllis et Jamie Wyeth.

Vendredi 28 décembre 1979.

J'ai marché en distribuant Interview, puis j'ai pris un taxi ($ 3), direction 245 Park Avenue pour une réunion avec Bob Denison, histoire de parler investissement. Je suis entré dans l'immeuble, j'ai pris l'ascenseur jusqu'au 27e étage, la porte s'est ouverte, j'ai senti que quelque chose brûlait. Je suis entré dans le bureau de Bob, il courait partout en essayant de trouver si c'était une des machines. La secrétaire est arrivée en courant, elle a dit que l'immeuble était en feu, que nous devions sortir. Bob voulait prendre l'ascenseur, mais j'ai dit non, de prendre les escaliers. L'issue de secours était fermée, exactement comme dans La Tour infernale. Nous avons trouvé une autre sortie qui n'était pas fermée et sommes arrivés aux escaliers. Les gens disaient que le feu était au 35e. Au 26e étage, d'autres gens prenaient l'escalier, au 25e aussi, et au 24e, et, à chaque étage, c'était la même histoire. ça allait de moins en moins vite parce qu'il y avait des quantités de gens qui arrivaient. Personne n'a paniqué pourtant parce que nous savions que le feu était au-dessus de nous. Deux personnes cependant se sont presque évanouies, pourtant. En bas, il y avait des centaines de personnes dans la rue, Bob Denison et moi avons marché jusqu'à la Trattoria pour notre réunion de travail. Je n'arrivais pas à croire que j'étais entré dans l'immeuble, que les gens des ascenseurs m'avaient laissé monter alors qu'ils savaient déjà qu'il y avait un incendie ! Ils devaient le savoir à ce moment ! J'aurais pu monter à l'étage en flammes ! Ces liftiers restent la comme des débiles.
Le patron de la Trattoria est venu nous voir, il m'a dit que j'avais l'habitude de venir là. Que m'était-il arrive ? J'étais trop énervé pour arriver à manger. J'ai pris seulement un café.

Mardi 26 décembre 1979. Vail — New York.

Retour à temps à la maison pour attraper Vincent, au bureau, à 6 heures. Rupert était parti pour Noël, il n'avait pas fait grand-chose. Discussion avec John Reinhold, il a suggéré le Trader's Vic pour parler de l'idée des bijoux. Pris un taxi, j'avais pensé que ça serait plus facile, mais le chauffeur n'avançait pas.
Il disait qu'il était abasourdi de m'avoir, il a manqué un feu et j'ai demandé : « Savez-vous où vous allez ? » Et il a répondu oui, au Plaza sur 59e et 5e, mais il a manqué la 59e et, à la 57e, je lui ai donné 3 dollars et je suis sorti.
John était déjà là, puis Curley est arrivé, il voulait aller au Studio 54 vers minuit, un peu tôt (taxi $ 4). Je me suis inquiété, il disait qu'il y avait une photo de moi avec Steve Rubell sur un canapé, dans le New York. Au Studio 54, Bianca était arrivée avec John Samuels qui avait quitté Harvard pour les fêtes. Il avait l'air vraiment amoureux — il l'emmène au soleil, quelques jours.

Mardi 25 décembre 1979. Vail.

Les Ford serrent la main d'absolument n'importe qui. Betty Ford n'est pas aussi bien que sur les photos d'après son lifting, elle se ressemble. Mais en ce moment elle est blonde. Avant, elle était brune, me semble-t-il. Elle a viré blond paille. D'abord, j'ai cru que c'était Mrs Nixon. Bob voulait vraiment les rencontrer, mais il me poussait dehors, je me faufilais, alors ça ne s'est pas fait.
Distribution de Interview, il y avait vraiment des endroits supTrer pour le faire. Trois personnes m'ont demandé un autographe. Tout le monde me regarde que je porte une parka en loup de Halston.
Nous sommes allés dans un bar qui passe des films de ski, on boit de la bière et on regarde les skieurs. Personne n'est venu prendre notre commande, alors nous n'avons rien bu et seulement regardé les films, puis nous sommes partis. Dîner avec Nan Kempner. J'ai commence à lire Dress Gray, il y a de bons noms qui sonnent vrai — le héros, par exemple, se nomme Ry.

Lundi 24 décembre 1979. Vail.

Aurora avait cuisiné du jambon, de la dinde mais personne n'est venu à notre cocktail. Mercedes Kellog a appelé pour dire qu'elle avait un rhume et les Stark ne sont tout simplement pas venus.

Vendredi 21 decembre 1979. New York — Vail, Colorado

Nous sommes arrivés à Denver à 5 h 30, Catherine s'est soûlée dans l'avion, elle a plaisanté avec une femme qui collectionne les gros bijoux et habite le Ritz Towers. Elle a perdu une bague en argent dans l'avion mais elle s'en moquait parce que ce n'était que de l'argent.
Une espèce de minibus nous attendait pour nous emmener à Vail. Une ravissante fille à casquette rouge a porté nos bagages (pourboire $ 10). Arrivée à la maison de Jed à 7 h 40. L'altitude m'a eu. J'avais de terribles douleurs dans la poitrine, je crois que c'est à cause de mon ancienne blessure. Ça peut aller à Denver parce que c'est plus bas. Quand j'étais à Mexico, un jour, j'ai ressenti la même chose mais moins fort. Toute la maison ressemblait à un gigantesque sauna. C'est celle que Jed a achetée avec Peter et Sandy Brant. Tout en bois, simple et propre. Au premier, les chambres ; le living-room, au troisième.
Nous avons marché en ville jusqu'à un restaurant, le Left Bank (boissons $ 30, dîner $ 200). Fran et Ray Stark étaient là, Bob sait qu'ils sont républicains alors il a raconté des blagues sur Kennedy et les a invités à prendre un verre, lundi. Ray n'en a que pour Paul Morrissey. Paul écrit un scénario pour lui. J'ai signé le livre d'or du restaurant, Betty et Gerald Ford étaient dedans, ainsi que Bob Hope, ensuite nous avons grimpé la côte, c'était horrible, cette marche, je me sentais la tête légère, horrible, vraiment horrible.

Jeudi 20 décembre 1979.

Taxi jusqu'à la 47e Rue ($ 3). Je suis allé au bureau pour la fête de Noël. Puis je suis rentré à la maison me préparer. Parti chez Tom Armstrong sur 72e et Park. Leo Castelli était là avec Iris Love et Robert Rosenblum qui ne comprenait pas pourquoi tout le monde avait écrit des mauvaises critiques sur mon exposition au Whitney. Bobo Le Gendre était la, j'ai été méchant avec elle parce qu'elle est bidon. C'est l'héritière d'une grosse fortune dans le tapis. Hachis parmentier mais j'avais déjà mangé. Puis, j'ai emmené Richard Weisman au UN Plaza. Don Duguay était là, Rod Gilbert est venu sans Judy, il y avait Fred, Whitney Tower, Averill qui revient aux minijupes, elle en portait une de sa mère, avec un trou dedans. Peter Beard était là, avec Cheryl Tiegs, je crois que Duguay s'est excité sur Catherine après avoir vu la photo d'elle, seins nus, dans Exposures. Vitas était là avec le type mignon avec lequel on l'avait photographié à Paris, ainsi que John McEnroe. Quand la soirée a commencé à devenir bien, John Reinhold m'a tiré dans un coin, il est devenu sérieux. Il était dingo, disait que j'étais son meilleur ami, que quand j'appelle il devient fou. Je ne sais pas ce qu'il voulait dire, il est seulement dingo.
Catherine Oxenberg était là avec un tas de filles qui ressemblaient à des hôtesses de l'air, quand les filles sont soûles elles deviennent impossibles. Une limo m'attendait, Catherine et quelques-unes des hôtesses sont montées, nous avons déposé Catherine, j'ai donné un pourboire au chauffeur ($ 40), il a raccompagné tout le monde. J'ai manqué la soirée de Fred Mueller, la soirée de Eleanor Ward, la soirée de Keller Donovan, et la soirée de Rolling Stone.

Mercredi 19 décembre 1979.

L'équipe du « 20/20 » de ABC venait au bureau pour filmer. J'ai travaillé jusqu'à 7h30. Ensuite à la maison, ravalement de façade. Bob a appelé pour dire qu'il était épuisé mais qu'il voulait aller au dîner d'Alice Mason, il estpassé me prendre et nous avons marché jusqu'à la 72e Rue et Lexington. J'étais à côté de Norris Church Mailer. Je lui ai dit que nous souhaitions toujours l'avoir dans Interview, elle a répondu qu'elle avait grossi, qu'elle préférait manger plutôt que rester mince pour poser. Puis, taxi pour El Morocco, Norris, Norman, Bob et moi (taxi $ 5). Une soirée pour les fiançailles de Margaux Hemingway. Je suis tombé sur Jamie Blandford, je me suis disputé avec lui, je ne sais pas pourquoi, ça m'arrive tout le temps, j'espère (rires) que je ne l'ai pas vexé. Mimi Trujillo était là. Elle a été mariée au fils du dictateur, elle est styliste. Victor voit ses trucs puis les décrit à Halston — elle fait le même genre de produits que Halston, mais elle les fait la première.
Millie et Bill Kaiserman étaient là. Je leur ai présenté Norris, mais je crois de manière étrange, il me semble que j'ai dit : « Voici Norris Church, elle veut des vêtements gratuits. » Ils devraient vraiment avoir des gens beaux, portant leurs vêtements gratuitement. Il y avait un tas de jeunes gens drôles, El Morocco fait un retour.

Mardi 18 décembre 1979.

J'avais une limo pour la journée. Passé prendre Paulette pour aller au défilé de Halston. Elle était sidérante dans un manteau de fourrure blanc. Chez Halston, j'étais assis à côté de Martha Graham qui avait vraiment l'air vieille pour la première fois. J'imagine que peut-être, c'est qu'elle est toujours maquillée et pas là. Le Daily News a pris des tas de photos de moi avec Liza. Je lui ai dit que je ne savais pas quoi lui dire à propos de sa fausse couche, elle m'a dit qu'elle était OK.
Déjeuner au bureau pour un photographe, un ami d'Alexander Guest qui allait prendre des photos de Bob puis de moi, pour Penthouse. Une fille nous a maquillés, Bob et moi, avec les yeux au beurre noir et les lèvres éclatées. ça m'avait l'air bien, réel. Ensuite ils nous ont emmenés Avenue C et 4` Rue, dans une école. Tout le quartier avait l'air d'avoir été bombardé. L'école a laissé sortir dix gamins (rires) pour jouer le rôle de mômes qui nous auraient attaqués. Il faisait franchement froid. Un gamin m'a crié : « Ne va pas à trop de parties.» Ils ont dit qu'ils avaient été autorisés à sortir de leur cours de dactylographie. Je ne sais pas exactement quelle sorte d'école c'est — ils avaient aussi des cours de karaté. Les gamins étaient mignons. Nous avons posé avec de vrais graffitis. Je n'arrivais pas à croire qu'une école laisse les enfants sortir pour poser avec des chattes dans Penthouse. Ensuite, j'ai découvert qu'ils n'étaient même pas payés ! J'ai dit au responsable qu'il était horrible de ne pas les payer, il est devenu franchement bizarre mais il a pris leurs noms. Ensuite, nous sommes rentrés au bureau.

Mardi 4 décembre 1979.

Franchement fatigué après huit jours de voyage avec Bob et Fred promouvoir Exposures. La tournée a commencé, très chic, à Washington (quand je me suis assis dans la loge du président Carter au Kennedy Center, mais ça s'est terminé dans le caniveau à Hollywood Boulevard à la librairie B. Dalton's, l'ancien Pickwick Books. Pendant que je dédicaçais, une femme avec une blessure de couteau dans l'estomac est entrée en criant : « Ce n'est pas Andy Warhol ! J'ai couché avec Andy Warhol, il mesure 3 mètres, il ne passe pas par les portes et il ne serait pas dans cette librairie parce qu'il est paranoïaque ! » (rires). Citation exacte ! Chez Neiman-Marcus à Dallas, où ils avaient organisé une superbe réception pour nous, tous les gamins disaient que le livre était « sympa » et « cool ». Tous les Texans sont tellement bien élevés et si pleins de considération. Ils disent des trucs comme : « C'est si gentil de votre part de faire tout ce chemin pour venir jusqu'à nous. » J'aimerais parler comme ça. Je ne mémorise pas ces superbes expressions. Oh ! j'oubliais, un grand type sympa, à Dallas, a même insisté pour nous emmener en boîte. « Je vais vous dire un truc, les gars, vous aurez besoin de protection, l'ambiance est particulièrement gay ! Bien sûr., j'imagine que vous êtes habitués, venant de New York. » Nous avons bien ri, nous l'avons regardé pour être sûrs qu'il ne plaisantait pas, mais ce n'était pas le cas.

Jeudi 1 novembre 1979.

Taxi pour le vernissage de Ronnie ($ 3). J'ai parlé avec Larry Rivers. Son article sur les années 50 fait la cover du New York Magazine. Tous les habitués des sixties étaient là comme René Ricard qui ne dit rien, il ne fait que courir en répétant des trucs. Et Roger Trudeau qui prétend maintenant qu'il est décorateur. Ensuite Fred et moi sommes allés au dîner de l'ambassade d'Allemagne, pour Beuys.
J'étais assis à côté d'une Allemande qui m'avait accosté un peu plus tôt pour me demander un autographe, c'était drôle. Nous sommes arrivés un peu en retard, nous avons manqué le discours. On nous a dit que c'était sur les excréments, comment Beuys sait bien les utiliser.
Nous étions dans les journaux pour le truc de Bobby Zarem, mentionnés abondamment dans les rubriques de Jack Martin, de Liz Smith et de « Suzy ».

Mercredi 31 octobre 1979.

Bobby Zarem avait organisé un déjeuner à 1 heure, pour le livre de photos - Bob et moi avons fini par l'appeler Exposures — au Maxwell's Plum. Je suis resté uptown le matin puis j'ai retrouvé Elizinha Goncalves et Bob au Mayfair House, nous avons marché jusqu'au Maxwell's Plum. Au moment ou nous arrivions, Bobby Zarem a couru vers nous en criant que nous étions en retard, comment nous osions, que les gens allaient partir. En fait, c'était un bon timing d'arriver en retard parce que les gens attendaient pour nous voir. C'etait bourré, nous avons dû nous frayer un chemin. Karen Lerner était là, à filmer le reportage qu'elle fait sur moi à « 20/20 ». Elle avait attaché sur moi un micro invisible, il fallait donc que je fasse attention à ce que je disais. C'était une réception pour la presse, il y avait en gros tous ceux, j'imagine, que Bobby voulait remercier pour des services.
Ils avaient mis de grandes initiales AW en glace, un mètre de haut, mais elles fondaient. Je n'ai rien mangé. On a offert un livre à tout le monde, on en a donné au moins cent. Les serveurs ont volé un tas de livres et, ensuite, m'ont demandé de les dédicacer dans la cuisine, ca m'était égal parce qu'ils étaient sympa.
Catherine posait à Steve Rubell des questions indiscrètes, comme : « Vous voulez dire que vous avez vraiment dérobé de l'argent ? » Mais ça n'avait pas l'air de la déranger. Il dit maintenant qu'il a conclu un accord avec le fisc selon lequel il ira en prison, deux jours par semaine, pour des travaux d'intérêt collectif - apprendre aux gens comment monter des discothèques, sur les bases militaires, pour les soldats. Quelle idée géniale ! La prochaine fois on leur apprendra comment être pédé, et comment se droguer, pas vrai ? Plus tard, nous sommes allés en taxi au Studio 54. Halloween était un gros truc cette année, les gens s'étaient déguisés en voitures avec des costumes à clignotants. Le Studio 54 était superbement décoré. On entrait, il y avait dix portes de chaque côté, il fallait pousser chacune d'elles. Des souris en plastique couraient sous les pieds. Dans une autre pièce, il y avait un trou, on pouvait regarder, on voyait huit nains en train de dîner, on pouvait leur parler. Ils mangeaient des os de poulet. Et dans la pièce d'à côté, il y avait des quantités de gants en plastique, certains étaient des vrais mains. C'était meilleur qu'un vernissage, meilleur qu'une exposition dans une galerie. Il y avait d'autres pièces dans lesquelles je ne suis pas allé. C'était génial ! Bourré, des gens plaqués contre les murs, superbes ! Je ne sais pas d'où ils sortaient.
Esme le top-model était là, avec Allen Finkelstein, mais je ne les aurais pas reconnus si Tommy Pashun, le fleuriste, ne me l'avait pas dit parce qu'ils étaient habillés en juifs hassidim et disaient qu'ils étaient stupéfaits, que tout le monde était méchant avec eux. Un maquilleur d'un des spectacles de Broadway les avait déguisés. Déposé Catherine à 3 heures (taxi $ 3,50).

Mardi 30 octobre 1979.

Je suis tombé sur Juan Hamilton qui devait passer au bureau plus tard. Georgia O'Keeffe et lui sont au Mayfair (taxi $ 3,50). Au moment où j'arrivais au bureau, Joseph Beuys, l'artiste allemand, sortait de la voiture avec ses enfants et Heiner Bastion — à vue de nez huit personnes. Il m'a embrassé sur la bouche, ça m'a énervé. Je ne savais pas de quoi parler avec lui. Heiner Friedrich et Philippa de Menil sont passés. Et Robert Hayes, Sally Kellerman, Barry Diller, Barry McKinley, il n'y avait plus de place pour s'asseoir. Heiner Bastion a dit que je devrais photographier Beuys pour un portrait. Puis j'ai photographié Georgia et Juan au fond. C'est trop pénible d'avoir les gens célèbres au bureau tous en même temps parce que personne n'arrive à comprendre pourquoi les autres sont là ! J'ai travaillé avec Georgia jusqu'à 4 heures. Finalement, ils sont tous partis.
Plus tard je suis allé à un concours hippique au Madison Square Garden. Je suis allé avec un groupe de gens de cheval au Statler Hilton, prendre des œufs brouillés au bacon. J'imagine que c'est ce que les gens de cheval aiment manger. C'était bon. J'ai volé quelques couverts, j'ai ete gêné parce qu'ils sont tombés et que tout le monde l'a vu. C'etait des couverts du Statler qui dataient des années 40 !
Au Studio 54, après ca, je suis tombé sur Steve Rubell qui m'a dit que vendredi, il allait être condamné à deux mois de prison, qu'il venait de faire un accord avec le gouvernement — ils laissaient tomber les poursuites pour drogue plaidait coupable pour fraude fiscale. Il a demandé si nous allions venir le voir

Lundi 29 octobre 1979.

Je dois faire un portrait pour l'exposition au Whitney, nous avons pensé que puisqu'il s'agissait de portraits, je devrais me peindre en travesti. C'est une idée de Fred. Il faut que je fasse venir Gigi pour le maquillage. Ronnie est inquiet parce qu'il a bientôt une expo downtown — il construit des cages, maintenant.

Lundi 22 octobre 1979.

Priscilla Presley est venue au bureau, nous l'avons interviewée. Son fiancé, Michael Edwards, était avec elle, le mannequin. Elle a avoué que pendant toutes ces années avec Elvis, elle n'avait jamais mangé de caviar parce qu'il détestait le poisson, qu'il l'aurait chassée de la maison s'il l'avait vue en manger. Mon Dieu, quelle beauté ! Je me demande tout de même si elle s'est fait refaire le nez. Il avait l'air un peu plus large sur les vieilles photos.

Dimanche 14 octobre 1979.

Je suis allé à la messe, il faisait beau. Ensuite j'ai retrouvé Bob à 5 heures pour aller voir le dalaï-lama à la cathédrale Saint John The Divine, sur la 112e Rue et Broadway. Nous sommes passés prendre Fred et nous sommes partis uptown (taxi $ 6). Le dalaï-lama a fait un discours, c'était franchement ennuyeux, il avait un traducteur mais je ne sais pas pourquoi, parce qu'après il a parlé très bien, en anglais. Il portait une robe orange et rouge. Il y avait une réception au fond, tout le monde se saluait. Bob m'a dit qu'il n'était pas impressionné par le dalaï-lama, qu'il n'était pas aussi bon que le pape.
Ensuite nous sommes partis, nous avons pris un taxi, déposé Bob et avons retrouvé Richard Weisman et Catherine au Madison Square Garden. Ils allaient retirer le numéro de Rod Gilbert, le 7 (taxi $ 7). Catherine devait aller à l'hôpital pour qu'on lui recouse le nerf de l'une de ses mains, elle ne sent toujours rien. Sa mère vient, elle espère qu'elle ne remarquera rien. Seuls ses frères, Valentine et Jasper savent ce qui est arrivé.

Jeudi 11 octobre 1979.

Me suis levé, il pleuvait. De nouveau froid. Quelqu'un est tombé sur Truman à La Nouvelle-Orleans, alors de toute évidence, il n'est pas allé dans le Nebraska. Peut-être qu'il avait simplement besoin d'un peu d'argent — il nous a demandé 6 000 dollars pour aller dans le Nebraska afin d'écrire un article pour Interview et nous les lui avons donnés.
J'ai travaillé toute l'après-midi dans le fond. Fred avait invité Curley à l'exposition de Larry Rivers avec nous à la galerie Marlborough. L'exposition de Larry est une sorte de rétrospective de tout son travail. C'est drôle, c'est comme s'il n'avait plus d'idées et qu'il avait décidé de tout repeindre. Je suis tombé sur Rupert qui m'a dit que les écrans pour les pierres précieuses étaient bien sortis. Au vernissage, un type m'a dit : « Je suis le beau-frère de Larry et je suis propriétaire de l'immeuble où sont vos bureaux », il a ajouté qu'il venait de louer le rez-de-chaussée à une boîte, mais que nous ne devions pas nous inquiéter, que ça n'interférerait pas avec nous parce que ca n'ouvrait pas pendant les heures de bureau. Je lui ai dit : « Merci beaucoup. » N'est-ce pas génial ? Les incendies de la mafia des discothèques ne détruiront l'endroit qu'apres les heures de bureau. N'est-ce pas merveilleux, une boîte comme voisin ?
Après, je suis allé dîner chez les Gilman. J'ai rencontré un avocat qui est à New York pour suivre des cours sur les avantages fiscaux.

Mardi 9 octobre 1979.

Union Square à 12 h 45 pour rencontrer les Newhouse, la mère et le fils, Si et Mitzi. Ils ont apporté des photos du mari qui venait de mourir, elles n'étaient pas bien, alors ils vont en envoyer d'autres pour faire un portrait. Elle voudra peut-être aussi le sien. Il n'y avait personne, Victor a fait le service. C'est une petite femme courte sur pattes, de quatre-vingt-deux ans. J'ai posé des questions au fils sur le magazine Self — il a dit qu'ils contrôlaient tout par ordinateur chaque mois. Comme ça ils savent tout ce qui se passe.
Obligé d'aller a la soirée de Richard Weisman que Catherine avait organisée, pour le gouverneur Brown. Curley était avec moi, Fred l'avait invité. Mauvaise circulation, Castro est en ville (taxi $3,50). Bob Polk était là, il m'a invité à une soirée pour George Bush. Pat Hickey, le joueur de hockey est arrivé avec sa fiancée, il ressemblait à une publicité de cigarettes Tareyton, il a les yeux très noirs. Le gouverneur Brown est arrivé, il a fait un discours que j'ai enregistré, ensuite il a demandé pourquoi je l'avais fait. Tous les gamins lui ont répondu : « Pour rien. Il met seulement des cassettes dans l'appareil. » Il n'a pas dit grand-chose, mais quand on passe son temps à faire des discours, que reste-t-il à dire ?
Stephanie McLuhan est de nouveau avec Bo Polk, mais j'ai remarqué qu'elle a foncé droit sur le gouverneur quand il est arrivé pour l'embrasser, bien qu'elle ne le connaisse pas. Après le discours, elle s'est levée pour poser une question très sérieuse, j'imagine pour montrer qu'elle est intelligente, mais elle est stupide et lui aussi. Il est venu ensuite me serrer la main pour avoir ma voix. Il a dit quelque chose sur l'art, je crois — sur une législation qui donnerait aux artistes des droits d'auteur, quand leurs œuvres sont revendues — mais je n'ai rien compris. Diane von Fürstenberg m'a dit qu'il était devenu tellement maigre qu'il en avait perdu ses « poignées d'amour » et qu'elle les aimait bien. Je voulais que quelqu'un demande : « Est-ce que Jerry est pédé ? » Diane a dit que non, qu'il ne l'était pas, qu'il n'était pas pédé. Judith Hollander et Jed étaient là, ils sont passés en allant a la fête d'anniversaire de Tom Cashin au « 21 ». Je voulais rentrer à la maison, mais Catherine voulait que j'aille chez Elaine avec Rod, Judy Gilbert, Pat Hickey et sa petite amie.
Elaine était assise à une table avec cinq filles et l'une d'elles était, je crois, Candy Bergen, parce que plus tard les gens ont dit que c'était elle, mais elle ne lui ressemblait pas, je l'ai regardée et elle m'a regardée et nous ne nous sommes rien dit. Si c'était elle, elle fait plus vieux. Pat Hickey a raccompagné sa fiancée, puis il est revenu car Catherine avait flirté avec lui toute la soirée. Richard essayait de me faire boire de la Tequila, à 2 heures je suis parti (taxi $ 2).

Dimanche 23 septembre 1979.

Messe puis retour à la maison. Ravalement de façade, Curley est passé me prendre pour aller 42e Rue, à la station de radio WPIX pour le « John Ogel Show ». J'avais invité Walter Steding pour qu'il joue de son violon magique à l'antenne. Il a été bon, ce qu'il a dit pendant l'interview était intelligent. Lou Reed est arrivé en trombe, proclamant combien il était content de nous voir. Lou m'a dit que l'un de ses teckels avait subi une opération du dos. Je lui ai dit de venir au Mudd Club avec nous, plus tard, parce qu'ils faisaient une Nuit Rock Stars mortes, il a répondu qu'il irait déguisé en lui-même, mais je lui ai dit qu'il était encore trop bien pour ca.
Nous nous sommes arrêtés pour diner au One Fifth (taxi $3). Quand nous sommes entrés, Jackie Curtis — il s'habille de nouveau en fille — était au bar. Et qui d'autre ? Taylor Mead qui attendait qui ? Viva! Ils sont tous partis pour le Mudd Club. Bu ($45,14), il était déjà 11 h 30, alors nous sommes aussi allés au Mudd Club (taxi $3). Ils avaient une pièce dans laquelle Janis Joplin se mettait des aiguilles dans le bras, une pièce Paul McCartney — j'imagine à cause de la rumeur, à une époque, sur sa mort. Une pièce avec Mama Cass, qui s'étouffait avec une assiette de sandwichs au jambon devant elle, on pouvait prendre les sandwichs et les manger. Vraiment morbide. Vincent et Don Munroe enregistraient en vidéo.
Viva lisait de la poésie, mais je l'ai manquée, je ne l'ai pas vue. François de Menil était là. L'ex-Mr Viva aussi. Il y avait des filles en noir qui pleuraient et un corbillard garé devant la porte. J'étais vraiment fatigué. Déposé tout le monde (taxi $15).